Chaumont édition 2026 : Le jardin fait son cinéma

Auteur : Baptiste  •  Date de publication : Septembre 2026

J’ai choisi une journée fraîche de septembre, en plein milieu de semaine. L’idée était simple : être tranquille pour visiter et photographier les jardins.

Raté !

Même pour trouver une place sur le parking, c’était déjà tout un scénario. Le parking était quasiment complet !

Le succès du Domaine ne se dément pas. En 2025, il a accueilli plus de 530 000 visiteurs. Autant dire que le jardin attire toujours les foules.



En 2026, le thème « Le jardin fait son cinéma » nous emmène justement dans un univers où chaque jardin devient une scène, avec ses décors, ses cadrages, ses surprises et ses changements d’ambiance.




Une Carte Verte donnée au monde du cinéma

La lanterne des profondeurs

Cette édition fait d’ailleurs appel à des personnalités venues d’univers très différents. L’actrice et réalisatrice Mélanie Laurent s’est associée au créateur lumière Philippe Berthomé pour imaginer La Lanterne des profondeurs, une expérience immersive qui joue avec la lumière et l’univers du cinéma.

Mélanie Laurent nous entraîne sous la surface.

Son jardin évoque les fonds sous-marins et nous plonge dans un monde mystérieux. L’eau, la lumière et les images donnent l’impression de descendre peu à peu vers les abysses.

Le propos fait aussi écho aux dégâts provoqués par les activités humaines sur les océans et à la pollution.

Mon avis : j’ai beaucoup aimé la fraîcheur qui se dégage de ce jardin. La présence de l’eau y est pour beaucoup. Elle apporte une respiration bienvenue. Ici, le cinéma ne se regarde pas seulement. Il se ressent.

Cinémazéma

Sabine Azéma fait aussi partie des personnalités invitées à recevoir une « carte verte ».

Avec Cinémazéma, elle transforme le jardin en véritable salle de cinéma en plein air. Elle a choisi de projeter Des arbres et des fleurs, un court métrage d’animation en couleurs produit par Walt Disney en 1932 dans la série Silly Symphonies. Le film dure seulement quelques minutes, mais il apporte une jolie dose de nostalgie.

Le décor joue lui aussi son rôle.

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Chaumont Cannes 1
film - Sep 2026 ISO 100
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Chaumont Cannes 2
film - Sep 2026 ISO 100
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Chaumont Cannes 2
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Une construction en bois noir évoque l’écran et la salle de projection. Le contraste avec la végétation fonctionne particulièrement bien.

Mon avis : une très belle mise en scène de l’écran de cinéma dans une construction en bois noir. Le jardin devient salle obscure, mais sans perdre sa lumière naturelle.

Ce qui est regrettable est de ne pas avoir fait appel à Carole Bouquet ou Jean Dujardin.

Les jardins qui ont particulièrement retenu mon attention

Jurassic plantes

Avec Jurassic Plantes, Corentin Pfeiffer, paysagiste et metteur en scène végétal, et Romain Maire, auteur et formateur autour des orchidées, nous font remonter le temps. Dès l’entrée, le ton est donné. Un portail monumental inspiré de Jurassic Park sert de passage entre deux époques. On le franchit et, hop, changement de décor ! La pierre volcanique remplace la terre familière. La végétation devient luxuriante. L’ambiance change. On attend presque de voir surgir un dinosaure derrière les fougères.

Mais ici, les véritables stars ne sont pas les dinosaures.

Ce sont les plantes. Les fougères arborescentes, les Cycas, le Ginkgo biloba et les prêles évoquent un monde végétal beaucoup plus ancien que nous. Certaines lignées remontent à plusieurs centaines de millions d’années. Et c’est là que le jardin devient particulièrement intéressant. Il ne se contente pas de jouer avec l’imaginaire de Jurassic Park. Il nous rappelle que certaines plantes ont traversé les grandes périodes de l’histoire de la Terre. Une sacrée carrière pour des plantes qui n’ont jamais demandé la moindre Palme d’or !

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Chaumont Cannes 2
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Quelques repères dans le temps

Les fougères et leurs ancêtres sont apparues très tôt dans l’histoire des plantes terrestres. Leur grande diversification remonte notamment au Carbonifère, entre environ 360 et 300 millions d’années.

Le Ginkgo appartient à une famille apparue il y a environ 265 millions d’années. Le Cycas possède lui aussi une histoire qui remonte à plusieurs centaines de millions d’années.

Quant aux prêles, elles descendent de lignées végétales très anciennes présentes dès le Paléozoïque.




Le Festival des cannes

Ici, le cinéma joue avec l’humour. Le visiteur devient la vedette.

Il suffit de suivre le tapis rouge pour comprendre. Nous voilà transformés en stars d’un jour. Les cannes bordent le parcours, la brume flotte au-dessus de l’eau et la nature prend doucement la place des célébrités. Entre rideau rouge, miroir d’eau et végétation luxuriante, les codes du Festival de Cannes sont détournés avec malice. Le tapis rouge est bien là.

Mais cette fois, la vedette est végétale.

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Chaumont Cannes 2
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Et finalement, pourquoi pas ? Après tout, la nature méritait bien son quart d’heure de célébrité.

Les concepteurs sont AC&T Paysages & Territoires, avec Thomas Secondé et Anne-Cécile Freyburger, paysagistes DPLG.

Instagram actlandscape


Paysage-montage

Changement d’échelle.

Le jardin nous invite à regarder autrement. Les petites plantes prennent de l’importance. Elles ne sont plus de simples détails dans le décor. Elles deviennent le décor.

Le projet joue sur notre perception. En changeant notre point de vue, il suffit parfois de peu pour transformer complètement une plante. Un petit changement de taille et le regard change de scénario.

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film - Sep 2026 ISO 100
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Le jardin a été conçu par Louise Richard et Tom Brown, paysagistes concepteurs, Greg Stewart et Jamie Johnson, paysagistes concepteurs senior, ainsi que Brendan Lawlor, technicien en architecture.

L’agence Groundcubed signe le projet.

Groundcubed.com/

Générique de fin

Ce que je regrette, c’est la disparition progressive du nom des plantes. Avant, il y avait une liste des végétaux à l’entrée de chaque jardin. Les étiquettes étaient aussi nombreuses au pied des plantes. Cela permettait de repartir avec quelques noms en tête et, pourquoi pas, l’envie de les retrouver dans son propre jardin. Aujourd’hui, il reste quelques étiquettes. Mais beaucoup moins.

C’est dommage. Dans un festival consacré aux jardins, connaître les plantes fait pourtant partie du spectacle.

Autre petit bémol : les textes de présentation placés à l’entrée des jardins sont parfois un peu trop longs. On vient pour voir. Pour observer. Pour photographier. Pour rêver. Alors quelques phrases courtes seraient parfois plus efficaces qu’un long scénario.

Malgré cela, cette édition 2026 offre une belle promenade entre cinéma et végétal. Les jardins jouent avec nos souvenirs, nos références et notre imagination. À Chaumont-sur-Loire, cette année, le cinéma prend racine. Et le jardin tient décidément le premier rôle.

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